La Martinique et la Dominique

La pétole. C’est ainsi que disent les Français lorsqu’il n’y a pas de vent. Mais vraiment zéro vent. C’est ce qu’on avait pour notre traversée de la Guadeloupe à la Martinique, une mer d’huile. Sauf qu’on avait un rendez-vous à ne pas manquer à Fort-de-France, on allait accueillir mon fils Alec qui venait nous rendre visite pour deux semaines. Ça justifiait une traversée de 24h à moteur. Ce fut donc un trajet bien monotone. Le calme total nous a toutefois permis d’apercevoir au loin la queue d’une baleine bleue qui plongeait. En voyant l’immense dos du mammifère marin, Daniel s’est dit que c’était une île non indiquée sur la carte… Ça vous donne une idée de la grandeur de l’animal!

 

Lorsque je suis allée me coucher, on approchait les côtes de la Dominique. Lorsque je me suis réveillée pour mon quart de nuit 4h plus tard, nous laissions derrière nous les lumières de l’île. C’est une nuit toute tranquille que j’ai passé dans le passage qui nous séparait de la Martinique. Un calme assez inhabituel pour l’endroit, comme j’allais le constater plus tard. Avec la pratique, je suis devenue assez bonne pour repérer les lumières des bateaux dans la nuit. Je les vois même souvent avant qu’ils apparaissent sur notre AIS. Il y en a plusieurs qui passent au loin cette nuit-là, mais aucun dans notre direction. Au petit matin, j’ai senti la terre avant de la voir. Une odeur de sol humide et d’arbres, qui fait contraste avec l’air salin de la mer. Puis sont apparues les premières montagnes et les paysages luxuriants de la Martinique. Le vent a commencé à se lever à ce moment-là et on a pu longer la côte Ouest à voile. Lorsque nous sommes passés devant Saint-Pierre, l’ancienne capitale, nous avons tout de suite été séduit par cette jolie ville et son anse magnifique. On s’est dit qu’on allait y revenir c’est sûr.

Puis nous entrons dans la grande baie de Fort-de-France, bien achalandée de voiliers à l’ancre. Ça roule beaucoup, mais la vue sur le centre-ville en vaut la peine. 

 

Voiliers à l'ancre devant le centre-ville de Fort-de-France
 

Fort-de-France 

Pour faciliter les procédures, on décide d’attendre à demain pour dédouaner lorsque nous serons à quai à la marina. On passe donc un après-midi et une soirée tranquille sur le bateau. Après une nuit mouvementée, on lève l’ancre pour se rendre à la Marina de l’Étang-Z’Abricot. (Oui c’est son nom!) Lorsqu’on arrive, ils n’ont pas de dinghy pour nous aider à accoster au quai à reculons. On s’essaie à plusieurs reprises, mais chaque fois le vent se lève et nous pousse vers les bateaux de chaque côté. Après 15 minutes d’essais infructueux, l’employé de la marina qui nous attend sur le quai, probablement exaspéré par notre inexpérience, nous dit qu’il doit retourner à son bureau mais il nous enverra son collègue lorsqu’il arrivera dans une dizaine de minutes. On se résigne à tourner en rond dans la marina en l’attendant. Quelques minutes plus tard, voyant que le vent a diminué, on essaie à nouveau de se mettre à quai en reculant. Ulysse nous aide en repoussant les bateaux lorsqu’on s’approche trop près. Cette fois est la bonne. Deux voisins de quai attrapent nos amarres à l’arrière pour nous attacher. Je leur demande comment on doit s’accrocher à la proue, car il n’y a pas de bouée à l’avant. Ils me désignent une grosse corde qui longe le bateau sous l’eau. Il suffit de l’attraper et de l’attacher à un de nos taquets devant. La corde est dégueulasse, poisseuse et recouverte d’algues vertes. Je mets plein d’eau brune sur le pont en allant l’accrocher. Je me fais plein d’échardes, j’aurais dû mettre des gants! Après cette arrivée rocambolesque, j’espère sincèrement qu’on n’aura plus jamais besoin de se mettre à quai ici.

 

Comme notre amarrage nous a pris beaucoup de temps, une fois que Daniel a complété les procédures de douane, j’ai tout juste le temps de sauter dans un taxi pour arriver à temps pour l’atterrissage du vol d’Alec. Lorsque j’entre dans l’aéroport, je vois que son avion est déjà atterri. L’attente d’une personne que l’on n’a pas vue depuis longtemps semble toujours interminable. Dans la prochaine demi-heure, je vois une horde de gens sortir de la porte des arrivées. Lorsque le flux des passagers commence à diminuer, je commence à m’inquiéter. J’espère qu’il n’est pas coincé à la douane pour quelque raison que ce soit. Et pendant que je jongle à ce que je devrais faire si je ne vois pas Alec arriver, je l’aperçois enfin qui arrive! Quelle joie de se revoir 8 mois plus tard!

 

Les 3 frères réunis
 

Une fois de retour au bateau et une bonne assiette de pâtes plus tard, on passe un après-midi tranquille à explorer les environs. Il y a une boulangerie pas loin (yé!) et une petite épicerie, où on se rend pour compléter nos provisions. Le choix est très limité, ça s’avère un peu compliqué avec Alec qui est végétarien. Pas de tofu ou autres alternatives de soya et il n’y a pas non plus beaucoup de choix de légumineuses… On mangera beaucoup de fromage et de noix dans les deux semaines qui viennent. On prend également une marche jusqu’à une petite plage à côté, cachée entre la marina et le port industriel. Un tout petit bout de sable, mais suffisant pour se rafraîchir et apprécier le paysage de la baie de Fort-de-France.

 

Le lendemain, on se prépare pour une visite au centre-ville de Fort-de-France. On sait qu’il y a un autobus qui passe près de la marina, mais on ne sait pas trop où embarquer… on marche une bonne vingtaine de minutes avant de tomber sur un arrêt de bus. On ne savait pas non plus comment payer, l’application pour acheter ses billets en ligne fonctionnait très mal. On avait le montant en argent comptant, on a décidé de prendre une chance et de faire les innocents en montant dans l’autobus, en souhaitant qu’ils accepteraient notre petite monnaie. Lorsque finalement un bus s’est arrêté, quand Daniel a demandé où on payait, le chauffeur nous a juste fait signe d’aller nous asseoir. Prendre l’autobus dans un nouveau lieu est toujours intéressant. On regarde les paysages par la fenêtre et on s’imprègne de l’atmosphère environnante. Ça compense pour le temps passé à attendre!

 

On se promène un moment dans les rues du centre-ville comme de vrais touristes. On s’arrête dans les boutiques de souvenirs, on va jeter un coup d’œil au marché local et on s’arrête à l’épicerie du coin, où on ne trouve toujours pas de tofu ou d’hummus. On se fait un pique-nique pain et fromage à la plage de la Française, avec vue sur tous les bateaux ancrés dans la baie. Il fait terriblement chaud, la baignade en après-midi est la bienvenue! On passe un bon moment dans l’eau, mais lorsque vient le temps de se sécher, nous sommes rapidement exaspérés par la musique techno qui joue à tue-tête derrière nous. Nos oreilles réclamant une trêve, on se met à la recherche d’un endroit pour manger une crème glacée, qu’on finit par trouver dans une petite rue à proximité. L’endroit rose bonbon est décoré de la façon la plus quétaine possible, mais la crème glacée est bonne! On se rend ensuite au terminus pour attendre notre bus de retour. Cette fois il y a un guichet pour acheter nos billets et un horaire pour les autobus. On n’attend pas trop longtemps avant que le nôtre arrive, le chauffeur ne semble pas porter attention du tout à nos billets et nous fait signe de passer. Décidément, dans les faits le transport en commun est payant, en pratique, tout le monde entre dans le bus sans payer…

 

Marché de Fort-de-France
 

Petit Îlet 

Le lendemain matin, on largue les amarres pour continuer à explorer l’immense baie de Fort-de-France. C’est la première fois qu’Alec navigue avec nous et on veut commencer doucement. Comme on ne voulait pas se promener hier avec des provisions sous le gros soleil de l’après-midi, on commence par aller s’ancrer devant le centre-ville pour terminer nos emplettes. On met l’annexe à l’eau et on fait deux voyages pour se rendre à terre. Il y a de la vague! Je vais au marché avec Achille et on fait le plein de légumes et de fruits frais. Les étalages colorés sont très appétissants! Mais les prix eux sont très élevés… 9 euros pour un melon… non merci! Le coût de la vie en Martinique sera notre principal bémol pour cette île. On achète une variété de produits locaux : courge, chou, persil, concombres, tomates, ananas, bananes et bananes plantains. Une fois nos paniers bien remplis, retour au bateau pour un dîner rapide. Ça brasse à l’ancrage et ça ne donne pas envie de s’attarder! On lève l’ancre en début d’après-midi et on se dirige vers le fond de la baie. On a un vent de travers parfait! On fait de la très belle voile et on peut constater qu’Alec a véritablement le pied marin. On passe devant la plage de l’Anse Mitan, où de nombreux bateaux sont ancrés. Mais comme l’endroit est réputé bruyant pendant la fin de semaine, on décide d’aller se mettre au calme tout au bout de la baie de Fort-de-France, devant une toute petite île très justement nommée Petit Îlet.

 

On jette l’ancre dans un fond de vase et elle s’enfonce instantanément. Ce sera un des ancrages les plus tranquilles de notre voyage! Pas de vague. Pas de bruit. Un paysage magnifique sur la mangrove environnante. On n’ose pas trop se baigner autour du bateau par contre, ne sachant pas trop quels animaux on trouve dans cet habitat semblable à un bayou… des alligators? Je ne crois pas mais bon, juste d’y penser ça ne donnait pas envie de se mettre à l’eau! On passe donc une nuit extrêmement tranquille dans notre petit coin de nature perdu. Le lendemain matin, on met l’annexe à l’eau pour aller visiter Petit Îlet. C’est effectivement très petit et on fait le tour en 15 minutes. Mais ça fait du bien de se dégourdir les jambes et les gars en profitent pour courir dans tous les sens. On trouve un banc avec une vue imprenable sur la baie et on y passe un long moment de zénitude à contempler l’horizon. On croise un couple de touristes québécois avec qui on échange sur notre voyage. Leur guide nous conseille de nous rendre tout au nord de l’île, à Grand-Rivière, où on trouve une autre atmosphère que celle de la capitale. Car c’est vrai que Fort-de-France, comme son nom l’évoque, a un petit air très parisien…. On quitte Petit Îlet au moment où débarquent une dizaine de touristes. On était très content d’avoir pu profiter de la tranquillité du lieu avant leur arrivée.

 

Le banc de Petit Îlet et sa vue sur la baie de Fort-de-France
 

L'Anse Mitan 

Comme il n’y a finalement pas grand chose à faire dans les parages, on se dirige vers l’Anse Mitan. C’est dimanche soir et les fêtards se préparent à retourner travailler le lendemain matin. Comme il y a encore beaucoup de monde, on doit jeter l’ancre assez loin de la rive et on est moins protégé. Ça ne brasse pas trop, sauf quand les traversiers qui font la liaison avec Fort-de-France passent à toute vitesse à côté de nous… On se rend à terre pour visiter la petite ville assez touristique et faire du lèche-vitrine dans les boutiques de souvenirs. C’est très joli et agréable comme endroit et les gars veulent absolument rester une journée pour profiter de la plage. Comme on n’a pas de plans fixes, on peut bien leur accorder cette faveur! On s’arrête dans un resto pour le souper, le Kano, recommandé par notre guide nautique et un des rares établissements en plus à offrir des options végétariennes. On n’a pas été déçus! On déguste plein de spécialités créoles, accras de poissons et de légumes, marlin fumé, galettes de poisson, colombo de légumes, avec une vue superbe sur l’eau pour couronner le tout. On se régale!

 

Lundi est donc la journée réservée à la plage. On y passe une bonne partie de l’après-midi et après s’être baignés abondamment, les gars jouent dans le sable pendant un bon moment. Il y a même des arbres à proximité où on peut s’installer à l’ombre, ce n’est pas très confortable, mais une petite pause du soleil est la bienvenue. 

 

La terrasse du Kano et coucher de soleil sur l'Anse Mitan
 

Saint-Pierre 

On décide de poursuivre dès le lendemain notre exploration de la Martinique et de remonter vers le nord pour visiter Saint-Pierre. On fait encore une très belle navigation, avec un bon vent 3/4 arrière. On avait lu qu’on ne pouvait pas s’ancrer dans la rade, pour préserver les fonds marins. On s’informe donc pour prendre un mooring, mais on n’avait pas réservé… Heureusement il restait quelques places libres. Les bouées sont cadenassées et on doit attendre qu’un employé du port vienne la déverrouiller. Il est occupé à amarrer un autre bateau qui semble avoir bien de la difficulté. Lorsque vient notre tour, le maître de port nous indique notre place, débarre la bouée, je lui lance notre amarre qu’il passe dans l’anneau et que je reprends aussitôt pour l’attacher solidement de l’autre côté. En 5 minutes on est accrochés! Ce n’est pas pour nous vanter, mais on est devenus de vrais pros!

 

La rade de Saint-Pierre
 

Cette fois, on est près de la rive, mais vraiment loin du quai pour les annexes! Pour descendre à terre, on s’entasse tous les 5 dans le dinghy, pour ne pas avoir à faire deux voyages. C’est serré, mais ça y va! La ville de Saint-Pierre est sympathique. Alec part de son côté faire de la photo et on amène les enfants au Musée de la catastrophe de la Montagne Pelée. L’exposition s’avère peu élaborée et on y apprend moins sur l’explosion volcanique qui a détruit la ville en 1902 que dans nos recherches sur Google. Par contre les artéfacts présentés nous brossent un portrait assez détaillé de ce que pouvait être la vie sur l’île au début du 20e siècle. Ça nous donne encore plus envie d’escalader cette haute montagne que l’on aperçoit à l’arrière-plan dans le paysage de la ville. Daniel s’affaire à nous trouver une voiture pour qu’on parte en excursion le lendemain. La frénésie des garçons à collecter tous les dépliants touristiques qu’ils croisent sur leur passage s’est finalement avérée très utile car ils ont ramené au bateau une carte des randonnées en Martinique, qu’on a utilisée pour choisir notre trajet. Il y a plusieurs sentiers pour escalader la Montagne Pelée, la plupart sont de niveau assez difficile alors on opte pour le plus court avec les enfants. 

 

Le sommet de la Montagne Pelée dans les nuages

Une fois la voiture louée, on met le cap vers les montagnes. La route est ardue pour se rendre à l’entrée du sentier de randonnée. À mi-chemin, on voit des panneaux qui indiquent que la route est fermée. On continue quand même. C’est à pic et le moteur de la petite voiture force en masse. Mais on s’y rend! Lorsqu’on se stationne à l’entrée du sentier, trois filles d’une vingtaine d’années arrivent avec les jambes à moitié couvertes de boues. En nous voyant, elles nous disent que ça va être compliqué avec les enfants... On verra bien, on va faire ce qu’on peut ou on rebroussera chemin. On emprunte l’étroit sentier, envahi par les hautes herbes. Le sol sous nos pieds devient rapidement boueux. Plus on avance, plus la végétation devient dense et on doit se frayer un chemin à travers les plantes qui nous vont à la taille. Je suis avec Alec et Ulysse, qui a parfois un peu de mal à avancer. J’offre de passer devant pour lui ouvrir le chemin, mais la tactique s’avère peu efficace car je ne fais que lui fouetter l’herbe dans le visage derrière moi. Peut-être 45 minutes après notre départ, Daniel nous arrête. L’ascension est trop difficile pour Achille, les herbes sont plus hautes que lui, chaque pas s’avère ardu pour ses petites jambes. Déçus, on doit néanmoins concéder que notre plan était un peu trop ambitieux. On revient sur nos pas et on s’installe pour pique-niquer au bâtiment situé à côté du stationnement. La bâtisse a l’air neuve. On comprend qu’il s’agit d’un genre de centre d’interprétation de la Montagne Pelée, inauguré en 2022. Mais il est fermé. Un si bel endroit déjà à l’abandon! Avec la route désaffectée pour monter et le sentier de randonnée mal entretenu, on trouve que la Martinique ne fait pas trop bonne figure pour prendre soin de ses infrastructures. Comme si tout était laisser-aller…

 

En mangeant nos sandwiches, on change nos plans pour l’après-midi. Puisqu’on a une voiture, on va en profiter pour visiter un peu du pays. On décide de suivre le conseil du guide à Petit Îlet et de se rendre jusqu’à Grand-Rivière. On consulte la carte (merci les enfants de l’avoir apportée) et bien que la ville soit assez proche, il n’y a pas de route qui s’y rend directement, il faut traverser au centre de l’île pour y accéder. Le tour d’auto s’annonce un peu long, mais absolument fantastique. En chemin, on fait un arrêt à la rhumerie Depaz qui se trouve sur notre route. Impossible de quitter la Martinique sans goûter leur rhum! Il faut bien aussi se ramener quelques souvenirs. On fait un arrêt rapide pour acheter deux bouteilles et c’est reparti sur la route dans les montagnes. Le trajet est magnifique! Nous traversons des paysages verdoyants et fleuris, des plantations de canne à sucre ou de bananes. Nous faisons littéralement des montagnes russes en voiture sur cette route sinueuse qui serpente dans la campagne. Ulysse et Achille n’aiment pas beaucoup rouler en auto, mais cette fois ils sont obnubilés par les merveilles qui défilent devant leurs yeux. Et puis nous atteignons le bout de l’île. On ne sait pas trop où aller, on tourne un peu en rond dans le village et on se stationne devant une jetée de pierres. On contemple le spectacle des éléments devant nous : le vent qui chante et les vagues qui vont s’échouer sur les rochers. On suit un panneau qui nous indique la plage du Sinaï juste à côté. On arrive dans un paysage digne des plus belles cartes postales : étendue de sable fin, palmiers, eau turquoise, belles vagues…. Époustouflant. On était partis pour aller en randonnée, mais pas pour se baigner. On se contente de se tremper les pieds en se délectant de la vue. Malgré nous, le temps avance et il faut bientôt rentrer. Avant de prendre le chemin du retour, on s’installe pour prendre un verre à la terrasse d’un petit boui-boui, où les effluves de poissons grillés qui sortent des cuisines me rappellent le Sénégal. On boit tranquillement en continuant de regarder la mer, tandis que les gars courent le long de la jetée. Quel bel endroit! Chose certaine, le détour en valait la peine. Autant le voyage que la destination. 

 

La plage du Sinaï à Grand-Rivière
 

On est revenu juste à temps pour ramener la voiture avant la fermeture. On avait promis à Ulysse et Achille qu’ils pourraient se baigner de retour au bateau, peu importe l’heure. Il était tard, on était fatigués et on n’avait pas trop envie de gérer les maillots, les serviettes, les douches… mais une promesse c’est une promesse. Les gars ne se sont pas faits priés pour sauter à l’eau, suivis par Alec. Ça donne quand même un bon coup de main d’avoir un adulte de plus à bord! Pendant ce temps, on a pu s’affairer à préparer le souper. Les gars ont mis leur masque et tuba pour explorer le fond marin autour du bateau. Achille a vu un superbe poisson lion! 

 

En route vers la Dominique  

Notre plan le lendemain était de traverser vers la Dominique, histoire de profiter du voyage d’Alec pour lui faire découvrir une nouvelle île. On part tout de suite après le déjeuner pour 8h de navigation. On annonce 25 nœuds de vent, on prend donc deux ris dans la grande voile et on ouvre le génois au 3/4. Ça avance au toast! Malgré la gite et les vagues qui ont une bonne hauteur dans le passage entre la Martinique et la Dominique, Alec et Ulysse font la sieste dans le cockpit en après-midi. Pour passer le temps pendant la navigation, Alec fait chanter les gars et les fait jouer aux devinettes. Jeu qu’on continuera à maintes reprises tout au long du voyage, même après le départ d’Alec. 

 

L'heure de la sieste à bord
 

Lorsqu’on atteint le sud de la Dominique, nous sommes à l’abri sous le vent, c’est plus tranquille et nous pouvons apprécier de jour les paysages montagneux de l’île (qu’on n’avait pas vus en passant de nuit). Ça donnait définitivement le goût d’aller explorer le pays. On arrive finalement à Roseau, la capitale, en fin de journée. L’endroit n’est pas sécuritaire pour s’ancrer, on avait donc réservé un mooring. Le responsable des mouillages vient à notre rencontre dans sa chaloupe à moteur pour nous indiquer la bouée où s’amarrer. Je lui lance notre amarre et on a droit à un commentaire sexiste du genre « ce n’est pas une femme qui devrait faire ça! » Phrase malheureusement un peu trop souvent entendue depuis notre arrivée dans les Caraïbes. Notre gardien propose tout de suite à Daniel de l’amener à la douane, ce qu’il accepte tout de suite. Surtout que le centre-ville est assez loin pour notre petit moteur 2,5HP. Daniel revient 1h plus tard, bredouille, car la connexion internet au bureau de la douane était trop lente pour qu’il puisse remplir les formulaires nécessaires en ligne. Il les complète au bateau pendant la soirée, où nous sommes confinés jusqu’à ce que nous soyons dédouanés.

 

En vue des paysages de la Dominique
 

Notre gardien est de retour le lendemain matin pour ramener Daniel à la douane. Cette fois, il revient avec les étampes dans nos passeports. Au retour, en se penchant de la chaloupe, les lunettes de Daniel tombent à l’eau. Le guide plonge aussitôt pour aller les rattraper. Ça c’est du service! Mais lorsqu’on débarquera à terre un peu plus tard, on réalisera que tout ce service n’est pas gratuit… Sur le quai où on accoste, le gardien nous attend impatiemment pour qu’on le récompense. On comprend assez vite que c’est comme ça que ça fonctionne ici. Tout le monde est serviable, mais il y a un prix caché… 

 

Notre mouillage est un peu à l’écart du centre-ville, on doit prendre un bus pour s’y rendre. Lorsqu’on atteint la rue, on n’attend pas deux minutes avant qu’une mini-fourgonnette s’arrête pour nous embarquer. Comme à Saint-Martin, ce sont des petits bus de 12 places qui s’arrêtent lorsqu’on leur demande. La balade jusqu’en ville est agréable, se promener en transport en commun, c’est vraiment une immersion dans la culture locale. Autant pour observer les gens que les paysages. On arrive en ville en plein soleil d’après-midi. Il fait chaud!! On se promène dans les rues étroites dans une atmosphère un peu suffocante. Ce qui ne nous empêche pas d’apprécier l’ambiance décontractée qui règne autour de nous. On entend du reggae partout sur notre passage, on a l’impression de se retrouver en Jamaïque. Il y a des barbecues sur les trottoirs, ça sent bon! On fait un tour au marché, mais notre frigo est plein alors on se contente d’acheter des mangues. On galère aussi pour trouver un guichet pour retirer des dollars caribéens. Pendant que Daniel part à la recherche d’un distributeur qui fonctionne avec notre carte bancaire canadienne, Alec et moi avons comme mission avec Ulysse et Achille de trouver où on prend l’autobus pour se rendre aux chutes Trafalgar le lendemain. En demandant autour de nous, on finit par trouver l’endroit d’où ils partent, juste à côté de l’arrêt où on est arrivés. Sur la rue, nous croisons un vendeur de canne à sucre et Ulysse est fasciné en le voyant tailler les longues tiges avec son couteau. Malheureusement nous n’avons aucun argent comptant sur nous. (On attend toujours Daniel qui est parti pour en trouver…) Le gentil monsieur nous dit (en anglais) ce n’est pas grave, je vais vous faire goûter. Avec une grande agilité, il nous découpe des morceaux et remplit un sac pour nous. J’avais déjà mangé de la canne à sucre une fois, en Haïti… en 1998! Le souvenir était donc très loin dans ma mémoire! Les gars ont tout de suite adoré! Et j’ai dû également admettre que c’était très rafraîchissant en cette journée caniculaire. Une belle découverte! Au retour de Daniel, comme on avait tous très chaud et qu’on mourrait d’envie de se baigner, nous avons repris le bus en sens inverse pour se rendre à la plage de Champagne, nommée ainsi car elle se trouve à proximité de jets gazeux qui rend l’eau légèrement pétillante. La baignade fait du bien à tout le monde et on profite d’un bon moment à se prélasser, dans l’eau ou sous les palmiers. De retour au bateau, nos amis du voilier LAMA rencontrés en Guadeloupe sont au mouillage quelques bouées plus loin. On s’organise une sortie aux chutes Trafalgar ensemble pour le lendemain. Les gars sont fous de joie de retrouver leurs amis!

 

Les chutes Trafalgar (Twin Falls)

Le lendemain matin, on est donc 9 personnes à attendre le bus sur le bord de la route. On est chanceux, il y a de la place pour tout le monde à bord lorsqu’un véhicule s’arrête. Arrivés au centre-ville, on change de bus pour attendre celui qui se rend aux jusqu’aux chutes. Pendant le trajet, on est admiratifs devant les paysages de montagnes et de végétation luxuriante que l’on traverse en sortant de la ville. Il y a des oiseaux du paradis partout, la fleur préférée d’Achille depuis qu’on est dans les Caraïbes. Elles sont géantes et flamboyantes! Cette immersion dans la nature extraordinaire que l’on pouvait apercevoir de loin depuis notre bateau est absolument formidable. Le bus nous laisse au village à une quinzaine de minutes de marche des chutes. On s’attaque à l’ascension de la route mais la récompense au bout en valait la peine. 

 

La nature luxuriante de la Dominique
 

Il y a beaucoup de touristes, mais la grande majorité d’entre eux restent en haut pour observer les chutes jumelles du belvédère. Avec leur hauteur de 38 et 22 mètres elles sont très impressionnantes. Nous sommes parmi les rares personnes à s’aventurer dans l’escalier qui mène aux bassins rocheux où l’on peut se baigner au pied des chutes. On est pratiquement seuls pour savourer l’eau douce et rafraîchissante, dans ce paysage enchanteur qui semble tout droit sorti d’un film. Alec profite de ce lieu de tournage incomparable pour faire quelques prises vidéo avec son ukulélé dans l’eau. On prend notre collation assis sur les roches autour des bassins. Le paradis, quoi. 

 

Les grandioses chutes Trafalgar, surnommées les Jumelles
 

Vers midi, nos estomacs criant famine, on se prépare pour le retour avec l’intention de s’arrêter dans un restaurant en route. Pendant que l’on descend la montagne vers le village, la pluie se met de la partie et la petite bruine devient rapidement une grosse averse! On dévale la pente en courant et on entre dans le premier établissement que l’on voit pour se mettre à l’abri. On est complètement trempés! On s’assoit à table et on commande les spécialités du coin, poulet et poisson avec riz aux légumes. Évidemment, il n’y a pas d’options végé pour Alec, mais le riz, à la façon créole, contient des légumineuses, c’est déjà ça. On mange gaiement tous ensembles avec vue sur une gorge entre les montagnes. La pluie ayant cessé, on reprend notre marche vers l’arrêt de bus pour revenir au centre-ville de Roseau. On attend presqu’une heure avant qu’il n’arrive. Alec initie encore une fois une partie de devinettes pour passer le temps avec les enfants. 

 
Descente au pied des chutes pour se baigner 

 

Une fois en ville, on se remet en quête d’un bus pour rentrer au bateau, mais on fait auparavant un arrêt à l’épicerie, où on trouve (miracle!) du tofu, mais aussi - fort surprenamment - des épices à steak de Montréal, de la poudre de chili (que je ne trouvais pas depuis notre arrivée dans les Caraïbes) de la sauce tomate Sans Nom… C’était assez invraisemblable de retrouver autant de produits de chez nous dans une toute petite île des Antilles. On a eu du mal à se trouver un transport pour rentrer. On est finalement tombé sur un chauffeur qui a accepté de nous emmener, à neuf, on remplissait presque son bus, c’était payant pour lui. En route, le chauffeur nous propose de nous amener en excursion pour la journée le lendemain. On envisageait aller à Emerald Pool, mais c’est sûr que c’est un peu la galère en transport en commun. Ses prix étaient raisonnables, on part avec ses coordonnées et on se dit qu’on s’en parle le soir. Pour discuter de tout cela, rien de mieux que de boire un verre dans notre cockpit, autour d’une bonne pizza maison (pizza bateau devrais-je dire). On s’entend sur deux sites qu’on aimerait visiter, on convient d’un prix pour toute la gang et on rappelle le chauffeur pour négocier. Il accepte notre proposition et on se donne rendez-vous à 8h le lendemain matin. 

 

Emerald Pool et Titou Gorge 

On est au poste un peu avant 8h pour attendre notre taxi bus de la journée. Le gardien est mécontent qu’on prenne les services de quelqu’un d’autre pour visiter. Il a déjà l’air saoul malgré l’heure matinale. Il se met même en colère contre notre chauffeur. On est content lorsqu’on embarque dans la mini-fourgonnette et qu’on le laisse derrière avec sa mauvaise humeur.

 

Après avoir récupéré un 10e passager qui se joint à notre expédition, un Polonais qui vagabonde sac au dos dans les Caraïbes depuis plusieurs mois, on se dirige vers notre première destination : Emerald Pool. Comme la veille, le trajet dans la nature pour s’y rendre est une pure merveille en soi. L’île de la Dominique est tout simplement magnifique. Le temps est grisonnant, une alternance de pluie et de soleil. Après les dernières journées très chaudes, un peu de fraîcheur ne fait pas de mal. La piscine d’émeraude porte bien son nom, puisqu’elle arbore véritablement une eau verte translucide. Il s’agit d’un autre bassin d’eau douce, creusé en dessous d’une petite chute, de la grandeur d’une belle piscine. Le lieu est aussi paradisiaque que la veille. On se baigne sous la pluie et on a même un peu froid lorsqu’on sort de l’eau! Alec poursuit le tournage de son clip et c’est Morgan, le capitaine de LAMA, qui filme avec sa GoPro. Pendant qu’il chante « c’est déjà l’été », le soleil sort des nuages et la pluie cesse! 

 

L'eau turquoise d'Emerald Pool
 

On a tellement faim après la baignade revigorante qu’on décide de pique-niquer tout de suite, même s’il est à peine 11h. On dévore comme des ogres avant de repartir vers notre deuxième destination : Titou Gorge. Pendant le trajet, toujours dans une nature grandiose, Alec chante en s’accompagnant de son Ukulele, au plus grand plaisir des enfants (et des adultes aussi!) surtout Arthur, le plus jeune de la famille LAMA, qui est très impressionné par la guitare. L’ambiance est festive dans le bus! Arrivés à Titou Gorge, on enfile nos gilets de sauvetage (obligatoires) et on entre dans l’eau glacée de la rivière. (Glacée, c’est relatif bien sûr, on n’est pas à Tadoussac, mais pour nous qui sommes maintenant habitués à l’eau chaude des Caraïbes, c’est froid! Surtout en cette journée pluvieuse où le soleil est moins présent pour nous réchauffer.) Mais l’épreuve de s’immerger jusqu’au cou en vaut la peine! On nage dans un étroit couloir entre deux hautes falaises, puis on entre dans une grotte où coule une grosse chute tout au bout. Il y a beaucoup de courant en arrivant près de la chute, on doit s’aider des cordes sur les murs pour avancer. Daniel, Alec, Morgan, et même Arthur et Louis, ont l’audace de traverser pour se rendre sous la chute. Peu à l’aise, les mamans restent sur le bord avec Ulysse et Achille, qui ne nagent pas encore très bien. On refait le trajet en sens inverse et de retour à l’entrée, même si l’activité n’a pas duré plus de 30 minutes, on doit convenir que l’aventure était tout à fait excitante et impressionnante! On va se rincer sous un jet d’eau qui arrive de la montagne, qui heureusement est un peu plus chaud que la rivière! Nos serviettes sont encore mouillées de notre baignade du matin et on peine à se réchauffer! C’est bien la première fois qu’on ne meurt pas de chaleur depuis notre arrivée dans les Caraïbes. En bon québécois que nous sommes, on ne se plaint pas de ce coup de fraîcheur! 

 

Vue des hauteurs de Titou Gorge sous les nuages

Sur le chemin du retour, nous avons des étoiles dans les yeux après cette journée parfaite. Nous sommes tous un peu fatigués de notre expédition, mais Alec, toujours plein d’entrain, continue d’émerveiller les enfants en improvisant une chanson pour chacun d’eux! On retourne au bateau pour un petit repos bien mérité. Un peu plus tard, Amélie de LAMA amène Louis et Arthur pêcher sur le quai et invite Ulysse et Achille à se joindre à eux. Je vais les reconduire en annexe, mais à la rame, car je n’ai pas été capable de partir le moteur… Heureusement, ce n’est pas très loin et ça me fait un bon exercice. Pour la première fois depuis notre départ de Québec en juillet dernier, nous avons un moment sans les enfants… On ne va pas nier que ça nous a fait du bien d’avoir une petite pause! On en profite pour… faire la montagne de vaisselle qui nous attendait au retour de notre sortie. Après avoir savouré un niveau de bruit normal pendant une heure, je trouve tout à coup très bizarre de ne pas avoir mes deux petites tornades qui papillonnent partout autour. J’ai même un moment où je n’ai plus rien à faire… et je m’ennuie! Ce sont deux garçons bien heureux qui reviennent au bateau pour le souper, la pêche a été bonne et Daniel prépare le petit mérou pour accompagner notre souper. Ce soir-là, notre sauté de tofu à l’arachide est un véritable festin! 

 

 
La chanson d'Arthur interprétée par Alec à Titou Gorge 
Vidéo gracieuseté de LAMA

 

Retour en Martinique 

Le lendemain, il est temps pour nous de rentrer en Martinique en prévision du vol de retour d’Alec. Avant de lever l’ancre, nous avons la chance d’apercevoir un dauphin qui nage autour des voiliers et qui passe tout près du nôtre, au grand bonheur d’un nageur qui effectuait sa baignade matinale avec un compagnon imprévu. Cette fois, le passage entre la Dominique et la Martinique est plus agité. C’est difficile d’imaginer qu’on a déjà traversé ce canal sur une mer d’huile… Malgré nos deux ris dans la grande voile et notre génois ouvert à la moitié, les 30 nœuds de vent rendent notre navigation sportive. Ça gîte pas mal et il y a de grosses vagues. Tout le monde reste dans le cockpit, pas question d’aller sur le pont dans ces conditions et entrer à l’intérieur du bateau est un gage de mal de cœur. Préparer le repas avec cette météo est toujours difficile.

 

Ça se calme lorsque nous atteignons la pointe de la Martinique et que nous sommes sous le vent de l’île. On s’arrête une nouvelle fois à la Marina de l’Étang Z’abricots, malgré mon souhait de ne plus jamais avoir à y accoster. Cette fois, notre amarrage à reculons s’est beaucoup mieux passé, bien que la manœuvre soit toujours ardue et stressante. 

 

Vue du hublot sur la baie de Fort-de-France

Les aventures du transport en commun en Martinique 

Avant-dernier jour avant le retour d’Alec au Québec. On s’organise une randonnée mère/fils dans la campagne environnante de Fort-de-France. Se débrouiller en transport en commun n’est pas évident. J’ai trouvé un sentier avec un arrêt de bus à proximité, mais entre la théorie et la pratique, il y a tout un monde. Je me fie aux itinéraires de Plan et Google pour obtenir les horaires de bus qui partent de la marina pour se rendre au centre-ville. Mais on attendra tout de même celui-ci pendant une demi-heure. Nous ratons de justesse notre transfert au centre-ville pour l’autobus qui part vers le Nord. On doit attendre une heure pour le prochain. Il est donc déjà tard en après-midi lorsqu’on arrive à l’entrée du sentier. Mais la randonnée est magnifique dans la belle nature de la Martinique. Nous marchons sous le feuillage de la forêt tropicale en fleur. On est bien à l’ombre et on oublie la canicule de la ville. Sur le chemin de retour, nous remarquons un petit escalier étroit qui descend sur le bord de la rivière où coule une petite chute. Alec en profite pour faire une saucette et on repart en direction de la route principale pour attraper notre bus. On n’attend pas trop longtemps cette fois, mais c’est autre chose en arrivant au centre-ville. Nous regardons l’horaire affiché au panneau et il devrait normalement y avoir un autobus toutes les demi-heures. Nous attendons patiemment que le nôtre se pointe, mais il est très en retard. Jusqu’à ce qu’on réalise qu’il n’y a aucun bus au terminus. Quelques instants plus tard, un homme vient nous demander où nous allons et nous avertit que le service d’autobus est interrompu. Nous n’avons ni téléphone, ni internet pour appeler un taxi, ni même pour avertir Daniel pour qu’il ne s’inquiète pas. On se résigne à rentrer à pied. 1h de marche en longeant les installations portuaires et une zone industrielle de la ville. Le soir tombe. Dans les rues mal éclairées, on utilise la lampe de poche de nos téléphones, qui sont sur le point de manquer de batteries. On espère qu’ils vont durer jusqu’à notre arrivée! Et puis finalement on dépasse la petite plage et on voit la marina se profiler. Les gars nous attendaient impatiemment sur la passerelle devant la porte du quai. L’heure du dodo était dépassée mais il n’était pas question qu’ils aillent se coucher avant le retour de maman! Ouf! C’était toute une journée d’expédition! Pour une randonnée de 2h, nous avons fait 5h de transport, en incluant les nombreux temps d’attente.

 

Randonnée mère-fils dans le Circuit d'Absalon au Nord de Fort-de-France

Pour la dernière journée d’Alec, nous décidons de retourner au centre-ville de Fort-de-France pour se baigner et acheter des souvenirs. Sans oublier une crème glacée d’au revoir. Notre épopée en transport en commun se poursuit. Après plus d’une demi-heure d’attente, l’autobus n’est toujours pas passé. Je me demande alors si le service est rétabli depuis hier, mais personne ne peut nous renseigner et nous avons des informations contradictoires. Pour ne pas attendre en vain toute la journée, nous allons à l’épicerie en face pour appeler un taxi. Lorsque nous montons à bord de celui-ci, nous voyons finalement l’autobus pointer son nez au bout de la rue… Décidément, les horaires de Plan et de Google n’ont absolument rien à voir avec la réalité. Le bus passe quand il passe, un point c’est tout. Après avoir dépensé une fortune pour un trajet de trente minutes, nous arrivons enfin en ville. On s’assoit sur la terrasse d’une pizzeria pour le dîner, on avait bien besoin de ce moment pour décompresser de nos aventures en transport. Après le repas, pendant que Daniel amène les enfants au musée, Alec et moi nous dirigeons vers le marché d’artisanat et nous faisons le tour des kiosques colorés. Puis c’est le tour d’une dernière visite à la plage. Lorsque vient le moment de la crème glacée, nous rejoignons Daniel, Ulysse et Achille dans le parc à côté. C’est à ce moment qu’Alec réalise qu’il n’a pas son portefeuille. Il fouille son sac de fond en comble, mais il doit se rendre à l’évidence, il l’a oublié ou échappé quelque part ou il se l’ait fait volé. Il l’a utilisé pour la dernière fois au marché d’artisanat, il se rend donc sur place pour voir s’il l’aurait laissé là. À son arrivée, une troupe de dames se précipite pour lui dire qu’elles ont trouvé son portefeuille, à son grand soulagement! Elles l’ont cherché dans les environs et voyant qu’il ne revenait pas, elles étaient sur le point d’appeler la police. Il ne manquait rien dans le portefeuille. Alec a voulu laisser aux vieilles dames le reste de ses euros pour les remercier, mais elles ne voulaient rien entendre! C’est donc Alec qui a payé la tournée, non pas de crème glacée finalement, mais de smoothies tropicaux. Avec des fruits locaux bien sûr. 

 

Le lendemain, c’est le moment des adieux. On se quitte les larmes aux yeux, en sachant qu’on ne se reverra pas avant quelques mois. Après le départ d’Alec, on se prépare également à quitter la marina. Nous allons nous mettre à l’ancre à Petit Ilet au fond de la baie avant de repartir vers la Guadeloupe. Nous avions espéré continuer à descendre l’arc antillais et passer quelques temps dans les Grenadines, mais le temps file et le moment du retour se rapproche. Plutôt que de se dépêcher pour visiter plein d’endroits, nous avons décidé de prendre notre temps. Visiter moins, mais visiter mieux. Depuis notre départ, notre intention était de descendre au moins jusqu’en Martinique. L’objectif était atteint. Tranquillement, on allait entreprendre notre trajectoire vers le Nord. 

 

Le départ d’Alec a été difficile pour le moral. Nous avions passé tellement de bons moments! Une grande nostalgie s’est installée, on se sentait loin de nos familles tout d’un coup. La chaleur de plus en plus accablante n’aidait pas. Nous avons réalisé que nous sommes de véritables êtres nordiques, nous préférons définitivement le froid! C’est avec tous ces sentiments mélangés que l’on s’apprêtait à quitter la Martinique. Mais on savait que notre voyage n’était pas terminé et qu’il fallait profiter de chaque instant qui restait, malgré les moments plus difficiles.


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